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Jeux olympiques : ce qu'il faut savoir sur Rio

Les JO de Rio ont débuté et Sorb’on vous résume tout ce qu’il y a à savoir pour suivre la compétition d’un œil averti.

Amateurs de sport, cet été est une bénédiction – un enfer pour les autres – ; après l’Euro de football, les championnats d’Europe d’athlétisme, le Tour de France, la consécration a eu lieu le 5 août avec la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Rio. Ils se finiront le 21 août, et durant cette période 206 délégations s’affronteront dans la plus grande épreuve sportive mondiale. Et n’oublions pas que le 7 septembre débuteront les Jeux paralympiques, qui réuniront 176 pays et seront eux aussi diffusés sur le service public.

Qui a osé parler de dopage en Russie ?

Justement, parlons délégations. 206 délégations, c’était sans compter la petite affaire de dopage qui sévit au pays des tsars et de la vodka depuis quelques mois. En juin, la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) avait annoncé la suspension de l’ensemble de l’équipe russe pour les Jeux suite aux révélations sur la légèreté des contrôles anti-dopage de Moscou. Une décision qui peut paraître sensée au regard des accusations portées, mais qui s’applique collectivement. Autant vous dire que l’athlétisme sans la Russie, c’est un peu comme un gouvernement socialiste sans Macron : beaucoup moins drôle. À noter que le Kenya a évité de peu la même suspension, ce qui, quand on connait l’endurance de ses fondeurs, eût été également regrettable.

Immédiatement, le comité olympique russe, accompagné de 63 athlètes, a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) afin de déposer un recours et permettre à ses potentielles chances de médaille de concourir sous drapeau neutre. [Ndlr : le drapeau neutre, ce sont les 2 lanceurs de javelot nord-coréens qui défilent en fin de cérémonie parce qu’ils ont eu quelques soucis avec leur gouvernement mais que la communauté internationale les aime bien]. Recours refusé, sauf pour une exception notable ; Darya Klishina, sauteuse en longueur, qui justifierait d’un contrôle anti-dopage bien meilleur puisqu’elle réside en Floride depuis 3 ans. On regrettera l’absence de l’excellente et non moins agaçante Yelena Isinbayeva, star mondiale et double championne olympique de saut à la perche, qui après une grossesse rêvait de terminer sa carrière en beauté.

Sauf que depuis est sorti le rapport McLaren, un peu comme le Wikileaks du sport russe, qui met en évidence un dopage d’État organisé entre 2012 et 2015. Vous connaissiez les nageuses est-allemandes ? Voici maintenant les lanceuses de marteau sibériennes. Face à cela, le comité international olympique (CIO) devait donc statuer sur une éventuelle exclusion totale de la Russie des Jeux, et, en bonne organisation décisionnaire, a choisi de ne pas statuer. Il revenait donc à chaque fédération sportive de se prononcer au cas par cas ; celle de natation a par exemple exclu la brasseuse Yulia Efimova et le sprinteur Vladimir Morozov, pourtant tous deux médaillés de bronze à Londres en 2012. La délégation rouge et blanche s’est donc envolée pour le Brésil amputée, mais avec un esprit d’autant plus revanchard. « Les victoires des autres sportifs auront une autre saveur, voire n’en auront pas » déclarait le président Vladimir Poutine, au sommet de l’humilité qui caractérise si bien l’esprit russe.

Une véritable samba politique

Mais si les Jeux olympiques se veulent une grande fête, la situation actuelle au Brésil inquiète. Il y a tout d’abord le fait que le Brésil traverse une crise économique très importante, à tel point que l’État de Rio a dû se déclarer en « calamité économique » le 17 juin. Cette situation pose problème principalement pour l’aspect sécuritaire, car une partie des fonctionnaires dont la police n’était plus payée et s’était mise en grève. Pourtant la sécurité est un enjeu central, et planent à la fois le risque d’attentat, et celui d’un embrasement des favelas. Les JO ne sont pas accueillis unanimement par la population, plusieurs manifestations ont eu lieu, principalement car les Brésiliens estiment avoir payé le prix fort et ont l’impression que leurs conditions de vie (éducation, santé, etc) sont sacrifiées au profit des Jeux. Certaines associations de défense des droits de l’Homme se plaignent du non-respect de ceux-ci, avec par exemple l’expulsion d’habitants des favelas pour construire des bâtiments olympiques.

D’autres éléments entachent les JO ; si en France le métro en grève nous agace, le Brésil fait bien mieux, car une des lignes qui devait conduire sur les lieux de compétition a été achevée dans l’urgence, 6 jours avant la cérémonie d’ouverture. D’un point de vue environnemental, nous nous retrouverons peut-être avec des voileux mutants, la baie de Guanabara où doivent se tenir les épreuves n’étant toujours pas convenablement dépolluée. Toujours sur les risques sanitaires, le virus Zika a lui amené plusieurs sportifs à déclarer forfait par peur, c’est le cas du cycliste Tejay van Garderen ou du golfeur Rory Mcllroy, pourtant un des meilleurs au monde. Cela pourrait également conduire certains visiteurs à renoncer à leur séjour.

Intéressons-nous au passage à la toile de fond politique du pays, qui permet d’expliquer ce mécontentement et certains des problèmes que traverse le Brésil. La vie politique brésilienne est marquée par une succession de scandales, dus à l’opération « lavage express » qui enquête sur les problèmes de corruption en lien avec Petrobras ; l’événement qui a eu le plus de retentissement étant la destitution de la présidente Dilma Rousseff début mai. Pour rappel, le scandale Petrobras est une affaire de corruption politique entre les grandes entreprises brésiliennes du BTP et la société pétrolière Petrobras contrôlée par l’État. Les grandes entreprises s’arrangeaient entre elles pour se partager et surfacturer leurs prestations, et en échange les partis de la coalition de l’ancien président Lula recevaient de l’argent, utilisé majoritairement pour financer leurs campagnes électorales. Mais aussi par certains hommes politiques pour s’enrichir personnellement, ce qui – au risque d’en surprendre certains – n’était pas au départ l’objectif du métier.

Malgré ce pays en crise sur de nombreux plans, le Brésil veut faire de ces Jeux une fête, comme un symbole de réussite au milieu du chaos.

Quelques disciplines étonnantes

Rentrons à présent dans le vif du sujet, le sport. En premier lieu, un des nouveaux venus de ces Jeux : le rugby à VII, qui a été préféré au rugby à XV, car il a été jugé plus « universel, ouvert, spectaculaire et compréhensible ». En effet, pour les néophytes, les règles du rugby à XV sont, telles Éleusis, un grand mystère. Cela replace enfin le rugby dans les disciplines olympiques après son éviction pour violence. Pour cette première édition, la France présente une équipe championne d’Europe en 2015 et qui a atteint les quarts de finale de la dernière coupe du monde. Si elle sera compétitive, un podium semble difficile à atteindre, car il sera difficile de battre les équipes majeures du rugby à VII, telles la Nouvelle-Zélande, les Fidji, l’Afrique du Sud…

Si durant un mois l’Euro de football a captivé une grande partie de la France, reléguant au rang de faits divers toutes les autres informations au journal de 20h, l’épreuve de football aux JO quant à elle ne soulève pas les foules. Car le tournoi masculin ne se dispute tout d’abord pas entre les équipes classiques, mais uniquement avec les joueurs espoir (de moins de 23 ans). La France n’ayant pas réussi les qualifications ne sera pas représentée, donc peu de Français s’y intéresseront, chauvinisme oblige. Le tournoi féminin lui se joue entre les équipes classiques et une médaille est envisageable pour la France, qui rappelons-le avait obtenu une quatrième place à Londres. Si la première place du groupe sera difficile, avec la présence des États-Unis (première équipe au classement Fifa), le reste du groupe est très abordable. Mais cette deuxième place pourrait conduire à un quart de finale contre l’Allemagne, contre laquelle la France avait échoué lors de la dernière coupe du monde. Ainsi ce tournoi certes relevé, promet néanmoins un beau spectacle.

Allez, on ne va pas tous les faire, chacun choisira à sa guise de regarder l’haltérophilie, la gymnastique rythmique ou la natation synchronisée, sans aucune autre motivation que sportive, bien entendu.

Une équipe de France qui a de la gueule

54 athlètes représenteront la France, et il est assez difficile d’évaluer le nombre de médailles qui seront gagnées. Car si certaines sont fortes probables, comme Renaud Lavillenie à la perche (malgré la désillusion des championnats d’Europe), Yohann Diniz sur le 50km marche, Mahiedine Mekhissi sur le 3000 steeple, l’incertitude domine dans beaucoup d’épreuves telles comme l’heptathlon avec Antoinette Nana Djimou, récente médaillée d’argent aux championnats d’Europe, le 110m haies avec trois athlètes français alignés ou encore les différents relais.

Parmi les autres sports qui pourraient apporter des médailles à la France, on trouve le cyclisme. Si dans la course en ligne, quatre coureurs efficaces sont alignés (Romain Bardet, récent deuxième du tour de France, Alexis Vuillermoz, Julian Alaphilippe, Warren Barguil), la possibilité d’obtenir une médaille semble très complexe, le niveau étant relevé avec les équipes espagnoles et britanniques. Mais surtout il s’agit là d’une épreuve incertaine, toujours pleine de surprises, en 2012 par exemple, un final qui semblait être promis au sprinteur, fut au final gagné par Alexandre Vinokourov au terme d’une échappée. Du côté des femmes, Pauline Ferrand-Prévot est une grande chance de médailles, elle qui fut championne du monde sur route en 2014, mais elle représente aussi une chance de médailles en VTT où elle a gagné deux titres en 2015. Concernant le VTT masculin, le double champion olympique Julien Absalon, qui est d’ailleurs le compagnon de Pauline Ferrand-Prévot, tentera de ramener un troisième titre, en particulier face à son grand rival Nino Schurter. Sur piste, Grégory Baugé, quatre fois champion du monde de vitesse ou François Pervis, champion du monde du kilomètre et du keirin 2015 entre autres, représentent de grandes chances de médailles ; tout comme Joris Daudet en BMX.

Côté tennis, on n’espérait pas une victoire dans un majeur de Jo-Wilfried Tsonga, en revanche pour le double les espoirs étaient permis. Chez les hommes, Nicolas Mahut est numéro 1 mondial et vient de remporter avec Pierre-Hugues Herbert Wimbledon, leur deuxième tournoi du Grand Chelem ensemble. Si la paire n’a jamais brillé à Roland-Garros, elle déclare clairement qu’elle n’a qu’un objectif à Rio : la médaille d’or. Objectif malheureusement non-atteint. Chez les femmes, on ne s’y attendait pas, mais Caroline Garcia et Kristina Mladenovic ont réalisé l’exploit de gagner Roland-Garros il y a deux mois (et chez Sorb’on, on a même réussi à choper leurs autographes). Encore une fois la réussite n’a pas été au rendez-vous. 

L’avantage de faire un stage pour l’émission Tout le sport, c’est qu’on y rencontre des gens plutôt inconnus mais avec quelques chances de devenir célèbre. C’est le cas de l’escrimeur gaucher Gauthier Grumier, 32 ans, une des plus grandes chances de titre à Rio, interviewé lors de sa victoire au stade Pierre de Coubertin en mai. Numéro 1 mondial lui aussi et archi favori pour le titre en épée, il refusait alors à tout prix de parler de pression. N’oublions pas la médaille en équipe qu’il pourrait aussi briguer avec ses camarades, tant l’équipe de France d’épée est cette année affutée.

Vacances en Bretagne obligent ; mes amis les planchistes ne me pardonneraient pas d’omettre Charline Picon et Pierre le Coq dans cette revue de sportifs. Respectivement champions du monde 2014 et 2015 de RS:X, la planche à voile olympique, on leur souhaite l’or, s’ils ne sont pas morts asphyxiés dans les eaux usées brésiliennes d’ici là. Et parce que le catamaran c’est au moins aussi cool que la planche, on n’oublie pas le duo Billy Bresson et Marie Riou en Nacra 17, quadruples champions du monde en titre. La voile française, c’est quand même la base. On attend pour 2020 les compétitions de foil, ces sortes de dérives un peu spéciales qui permettent de voler sur l’eau, et qui sont en train de révolutionner ce sport.

Mesdames, messieurs, non nous n’avons pas oublié ce sport passionnant, souvent regardé pour ses performances facilement mesurables à l’œil nu et pas du tout pour le physique des protagonistes : la natation. Alors on suivra bien sûr nos éternels Français, ou devrait-on presque dire, nos éternels Niçois et Antibois : Camille Lacourt en dos, Florent Manaudou en sprint, Charlotte Bonnet et Coralie Balmy en 200m nage libre, histoire de faire oublier la disparition tragique de Camille Muffat il y a un an et demi. Au total 28 nageurs Français sont engagés dans ces Jeux. On n’omettra pas la grande chance de titre que représente Aurélie Muller en eau libre ; partie s’entraîner avec le légendaire Philippe Lucas, elle est devenue championne du monde du 10km l’année dernière. L’équipe masculine de relais 4×100 m détentrice du titre n’est arrivée que deuxième, ouvrant le compteur des médailles pour la délégation française.

Parmi les autres chances de médailles françaises, on citera bien sûr le porte-drapeau Teddy Riner, en judo des plus de 100kg, Clarisse Agbegnenou en moins de 63kg, Jean Quinquampoix en tir au pistolet rapide à 25m, les équipes masculines de handball et de volley. Côté basket, si l’or reste promis chez les hommes comme chez les femmes aux équipes américaines, un podium est jouable pour les Français, emmenés par Tony Parker qui vient de devenir à nouveau papa.

Celles et ceux qu’il faut suivre pendant les Jeux

Vers 776 avant Jésus-Christ, eurent lieu les premiers Jeux olympiques, et certains sports de cette époque se trouvent encore aujourd’hui dans les épreuves modernes, tels la lutte, la course à pied, le lancer de javelot… mais – malheureusement – ce n’est pas le cas de la course de char. Intéressons-nous donc à une discipline ancienne et majeure des JO : l’athlétisme. Elle nous offrira 47 épreuves, les courses, lancers, sauts… qui, il faut bien l’avouer, ne sont pas toutes aussi palpitantes. Si la finale du 100m est l’épreuve reine, le 50km marche ou le lancer de poids offrent un spectacle moins explosif, mais nous pourrons compter sur l’enthousiasme plus que débordant de Patrick Montel pour rendre plus palpitantes ses épreuves.

On suivra donc parmi les grands de ce monde l’éternel Jamaïcain Usain Bolt, qui visera un troisième triplé olympique (100m, 200m et relais 4X100m), même si sa préparation a été perturbée, et que son rival, l’Américain Justin Gatlin, se montre plus en forme que jamais. De même, le Britannique (d’origine éthiopienne) Mo Farah, titré sur 5 000 et 10 000m il y a 4 ans, peut réaliser l’exploit de rester invaincu sur ces distances pendant toute une olympiade.

Mais plus que les Jamaïcains et sprint, les Kenyans et Éthiopiens en fond, il y a l’armada de nageurs américains. Et à leur tête, le grand, l’immense, l’homme le plus titré de l’histoire des Jeux, j’ai nommé Michael Phelps, qui fait à nouveau un come-back fracassant. Cinquièmes JO, 22 médailles, 18 en or ; vous me direz, c’est facile parce qu’en natation il y a plein de distances et de nages, il n’empêche que c’est quand même la classe. Spécialiste du 4 nages et du papillon, c’est avant tout sa polyvalence qui lui permet une telle razzia à chaque olympiade. La gent féminine lui préfère souvent les beaux yeux bleus de son compatriote Ryan Lochte, avec lequel Phelps entretient une amitié et une rivalité qui tiennent en haleine les amateurs de natation depuis presque 10 ans. Même si Lochte c’est un peu comme Antoine Griezmann : on l’aime en photo mais il ne vaut mieux pas qu’il ouvre la bouche.

On suivra également le prodige Katie Ledecky, désormais 19 ans, qui depuis 4 ans étend son palmarès un peu plus sur le crawl. 200m, 400m, 800m, 1 500m, 4X200m et trois records du monde, voici ce qu’elle a fait à Kazan aux championnats du monde l’année dernière. Et ce qu’elle s’apprête à refaire à Rio, tant elle semble invincible dans sa discipline.

Cette star-là, en revanche, elle va nous manquer. Roger Federer, qui devait fêter ses 35 ans à Rio, est blessé au genou et a décidé de mettre un terme à sa saison 2016. Les nombreux fans espéraient que le « maestro » parviendrait enfin à accrocher une médaille d’or individuelle autour de son cou, alors que les Jeux sont parfois considérés en tennis comme le cinquième tournoi du Grand Chelem, Federer ayant bien sûr déjà remporté les quatre autres. De quoi encore et toujours relancer les rumeurs de fin de carrière, même si pour le coup, Tokyo 2020, ça semble un peu loin.

Finalement, les Jeux de Rio seront plutôt classiques : des histoires d’argent, des écologistes en colère, des médailles attendues, quelques désillusions, des petits exploits et, on l’espère, quelques records. À vous de peser le pour et le contre face à la candidature de Paris en 2024.

Article rédigé par Emma Lelong et Emilien Wargnier 

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