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Quand Bernie soutient Hillary

Bernie Sanders soutient officiellement Hillary Clinton pour l’élection présidentielle américaine. Alliance de circonstance ?

Bernie Sanders soutient officiellement Hillary Clinton pour l’élection présidentielle américaine. Cela a conduit à la réforme de la plateforme de la candidate Clinton dans le but d’unifier le parti face à Donald Trump. Les réactions du camp Sanders sont variées, mais ce ralliement n’annonce pas la fin de la révolution politique à la base de son engagement et de sa persévérance dans la course présidentielle.

 

C’est officiel, la course se résume maintenant à deux candidats : Hillary Clinton et Donald Trump. Le 12 juillet dernier, dans le New Hampshire, Bernie Sanders annonça la convergence de sa campagne avec celle d’Hillary Clinton. Cette dernière attendait patiemment cette manœuvre politique depuis quelques semaines. Le duo de démocrates a décrit leur rapprochement comme promouvant « la plateforme la plus progressiste de l’histoire du parti ». Alors qu’ils appréhendent un ennemi commun, Donald Trump, le visionnage de l’annonce officielle de leur alliance donne un étrange sentiment de malaise. En effet, les deux candidats paraissent distants et guindés. De nombreux supporters scandent au succès de Bernie Sanders alors qu’Hillary Clinton se tient maladroitement près de lui, un sourire figé aux lèvres.

Synchronisation et négociations chez les démocrates

Le weekend passé, des dizaines de représentants des deux campagnes se sont réunis afin de négocier et constituer une plateforme commune rassemblant les recommandations de Clinton et de Sanders, ainsi que leurs concessions respectives. Cette plateforme politique sera ensuite proposée pour validation lors de la Convention Nationale et Démocratique de Philadelphie, qui se déroulera fin juillet.

Dans l’ensemble, le programme clintonien bascule d’autant plus vers la gauche grâce à la collaboration de Sanders, avec, entre autres, une augmentation du salaire minimum fédéral à 15 dollars, la mise en place d’une taxe sur le carbone, une réforme du système judiciaire, la gratuité universitaire pour les étudiants dont les familles gagnent moins de 125 000 dollars par an, l’expansion de la réforme de santé Medicare et des fonds pour multiplier l’ouverture de centres de santé abordables.

Cependant, Sanders a dû faire une concession de taille concernant l’accord de partenariat transpacifique signé le 4 février dernier entre certains des États d’Asie Pacifique et d’Amérique. En effet, avant son ralliement à la cause Clinton, la position du sénateur du Vermont était très claire sur la question : « Le partenariat transpacifique est un accord de libre échange désastreux destiné à protéger les intérêts des compagnies multinationales les plus larges au détriment des travailleurs, des consommateurs, de l’environnement et des fondations de la démocraties américaine ». Il se trouve que l’opposition au partenariat transpacifique ne figure pas sur la nouvelle plateforme commune progressiste puisque Clinton évite de s’opposer directement et publiquement à la décision du président Obama de soutenir cet accord commercial et de le signer.

L’union ne fait pas l’unanimité

Dans l’ensemble, les réactions des sympathisants de Sanders sont mitigées. Les supporters les plus fervents ont rapidement exprimé leur choc et leur déception face à ce duo incongru. Leur avis est catégorique, l’alliance Clinton/Sanders est complètement ambivalente dans la mesure où le cœur de la plateforme Sanders allait à l’encontre de tout ce que représente le parti Démocrate à travers Hillary Clinton. Ainsi, les supporters idéalistes se tournent maintenant vers la candidate du Parti Vert, Jill Stein, en marge du débat majeur. Les partisans les plus pragmatiques restent fidèles à Sanders. Ils sont conscients de l’urgence de la mise en place d’une stratégie démocrate d’endiguement afin de contrer Donald Trump. C’est dans cette optique que Bernie Sanders a finalement pris la décision de soutenir Hillary Clinton, après une campagne persévérante de plus d’un an. Bien qu’il porte le projet de révolution politique, remporter les élections présidentielles n’est pas une fin en soi pour Bernie Sanders. Cela symbolise plutôt la voie royale pour porter son projet, mais d’autres alternatives sont complètement envisageables.

Par ailleurs, pour les observateurs les plus optimistes, la plateforme fraîchement réformée d’Hillary Clinton apporte une nouvelle victoire au progressisme de Sanders tout en fédérant le parti démocrate vers une cohérence plus viable. Cependant, il est encore trop tôt pour apprécier les effets de cette manœuvre politique et surtout pour évaluer dans quelle mesure cela sera suffisant pour rallier assez d’Américains auprès de Clinton en Novembre 2016.

Amal Amaskane

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