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Croatie : un pays d'une immense beauté naturelle qui a encore besoin de s’élever

Nous connaissons surtout la Croatie comme une destination de vacance idéale, pourtant la réalité de ce pays, en paix depuis peu et marqué par la communisme soviétique, est bien plus complexe.

En France, la Croatie est considérée comme une destination touristique de choix pour les vacances. C’est un pays magnifique, peu cher et très accueillant. Cependant l’envers du décor est loin d’être aussi réjouissant.

La Croatie, ou la République de Croatie, est un pays méditerranéen, mais pas seulement. Du fait des nombreuses influences culturelles de son Histoire, elle appartient également à l’Europe Centrale et à l’Europe du sud-est. D’une superficie de 56 594 m², le pays est entouré par l’Italie, la Slovénie, la Hongrie, la Serbie et la Bosnie. La capitale, qui est également la plus grande ville, est Zagreb. Elle se trouve au centre du pays et est considérée comme une ville continentale. La Croatie compte un total de  4.4 millions des habitants. Même si le pays est devenu membre de l’Union européenne en 2013, les Croates n’utilisent pas l’euro, mais leur propre monnaie : le kuna. Le croate, qui appartient à la famille des langues slaves, est la langue officielle. Il est très proche du serbe, du monténégrin, du bosniaque ou du slovène.

Grâce à la beauté naturelle du pays, l’économie croate est fondée sur le tourisme. Ses paysages naturels sont divers et bien préservés. On y trouve une mer cristalline, 1 244 îles, des champs en Slavonie, des vignobles dans presque chaque région, des montagnes et beaucoup d’autres types de reliefs, ainsi que des parcs nationaux dont le parc des lacs de Plitvice (voir photo), connu dans le monde entier. Les Croates sont très fiers de leur terre et préfèrent passer leurs vacances d’été sur la côte croate plutôt qu’ailleurs. Cependant, au-delà de cette vision idyllique, la majorité de la population n’est pas satisfaite de la situation actuelle du pays.

La Croatie a acquis son indépendance en 1991. La guerre d’indépendance croate, appelée ˝Guerre de la Patrie˝, a opposé l’armée croate à l’armée populaire yougoslave, composée de Serbes. Cette guerre a été un coup dur pour l’économie croate.
Au début des années 90, et particulièrement en 1991, la Croatie a changé sa politique de marché. Du communisme, elle est passée au capitalisme. La propriété publique est devenue privée. La privatisation s’est faite en coulisses, et après un référendum sur l’indépendance de la Croatie, l’Armée populaire yougoslave a intensifié ses attaques sur le pays.
Pendant cette période, la Croatie n’a pas eu le temps de mettre en place une loi concernant la vente des biens publics. De fait, n’importe qui pouvait acheter n’importe quelle entreprise à n’importe quel prix. La privatisation n’a donc pas été effectuée correctement et l’Etat a vendu ses possessions pour une bouchée de pain. La propriété publique a été injustement distribuée, permettant l’enrichissement de quelques individus, qui, en vendant les terrains de ces fabriques, sont devenus l’élite de la société. La majorité des gens qui travaillaient dans ces entreprises ont perdu leur travail. La production industrielle a été drastiquement réduite et le chômage a augmenté. Même de nos jours, les conditions d’acquisition de certaines propriétés appartenant à des gens de pouvoir restent obscures.

Il ne s’agit pas du seul problème lié à la politique que connaît le pays. La crise économique en Croatie a été en partie provoquée par l’inflation européenne, et aggravée par une série de mauvaises décisions politiques. À partir de 1994, la souveraineté monétaire de la Banque Nationale de Croatie a été donnée à la Banque centrale européenne. L’Etat a vendu presque toutes les banques privées à des étrangers. Ces banques ont accordé des prêts avec une currency clause (les intérêts sont versés en euro et non en kuna). La Croatie a perdu le droit de créer sa propre monnaie et a commencé à emprunter de l’argent à l’étranger. Il en résulte une dette extérieure qui ne cesse d’augmenter.

De plus, la centralisation du pays a rendu la capitale économiquement plus forte, au détriment des provinces. 90% de l’impôt sur le revenu du pays est reversé au budget central du pays, c’est-à-dire, à Zagreb qui décide de l’utilisation de cet argent. Seulement 10% des fonds ainsi générés, reviennent directement au reste du pays qui peut en disposer à son gré.

Le quatrième problème majeur concerne la mauvaise exploitation des ressources naturelles. Même si la Croatie possède des terres cultivables, celles-ci ne sont pas correctement exploitées. Il faut aussi mentionner que la bureaucratie empêche le développement de l’agriculture.

Une autre tendance des pays postcommunistes est le néoconservatisme. Ce dernier est incarné par la droite sur l’échiquier politique. Tandis que la France est un Etat laïque, la Croatie ne l’est que dans sa Constitution : la religion intervient souvent dans le domaine politique et est omniprésente dans l’espace public. La Croatie est constitutionnellement un état laïque, mais dans la pratique cela ne se voit pas. Ce fait, accompagné de tous les autres, n’aide pas au progrès. On peut donc dire que le pays est dans un état de stagnation.

À la liste de ces facteurs, il faut aussi ajouter l’Union européenne, à laquelle le pays appartient donc depuis juillet 2013. La Croatie est évaluée en permanence par la Commission européenne. Cependant, cette dernière a également obligé l’Etat à mettre en place des normes plus élevées et à combattre la corruption. Le progrès concernant ces points est bien visible.

Les changements sont toujours difficiles à accepter, et même si la Croatie se trouve dans une période de transition, elle commence peu à peu à réaliser son potentiel.

Photo : Vlatka Makovec 

Vlatka Makovec

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