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Mythes fondateurs : des Antiques à Vador

Jusqu’au 4 juillet 2016, le Musée du Louvre expose dans sa Petite Galerie 70 oeuvres dont les principales sources d’inspiration sont les mythes fondateurs.

Depuis le 17 octobre 2015, le Louvre a investi la Petite Galerie d’œuvres insolites. À travers elles résonne la voix des anciens orateurs de civilisations polythéistes qui, dans l’Antiquité, racontaient des fictions sorties de l’imaginaire collectif.

Nées du besoin qu’ont toujours eu les hommes d’expliquer les phénomènes de la vie, ces histoires ont souvent été interprétées à travers des objets d’art, des peintures, des gravures, des poteries, et dans des pays ayant construit ces représentations à partir de leurs croyances. C’est en ce sens que l’exposition nous offre non seulement un voyage dans le temps, là où l’imaginaire a déployé ses plus profondes racines, mais aussi un panorama — bref, mais efficace — de différentes cultures. Ainsi, sont exposés devant nous le crocodile originel de Papouasie-Nouvelle-Guinée, représentant la mère primordiale qui nourrit les vivants et fait jaillir la terre, la stèle de la dame Tapéret d’Égypte ou encore des figures de transformation venues du Japon, imitant des petits animaux auxquels les Japonais accordent le pouvoir de se métamorphoser.

Une réflexion bien organisée…

En s’interrogeant avant tout sur la définition précise du mythe, l’exposition vise aussi à analyser l’inspiration, que ces récits ont su apporter aux artistes de différentes époques. La première des trois salles nous introduit alors dans cet étonnant univers par des textes qui nous familiarisent avec quelques-uns des premiers mythes d’origine, souvent inconnus, tels que les mythes dogon ou iatmul.

La deuxième salle nous fait subitement rentrer dans le vif du sujet. Elle nous informe davantage sur la fascination et la menace que représentait la nature, il y a plus de deux mille ans. Sur un pan de mur, nous lisons « Magie et crainte », suivi d’une description du mythe de Circé, relaté par Homère dans L’Odyssée. Circé, dangereuse enchanteresse, a le pouvoir de transformer les hommes, les animaux et les plantes à l’aide de potions magiques. On la retrouve en plein combat avec Ulysse sur une poterie ancienne, toute démunie face au héros qui la tient par les cheveux, prêt à lui couper la tête.

Un autre titre attire l’attention : « Le jour et la Nuit », traitant cette fois-ci des mystères des astres, de soleil et de la lune. En effet, l’alternance de jour et de nuit s’apparente à autant de phénomènes inexplicables pour les civilisations de l’époque, qui ont trouvé une certaine nécessité à les interpréter afin de se rassurer. Ici, trône la magnifique peinture de Jean-Baptiste de Champagne, de 1668, intitulée La nuit et l’Aurore, où Aurore, une jeune femme, repousse la nuit avec sa torche en distribuant des fleurs.

Enfin, la troisième salle s’oriente davantage sur la représentation des héros et de leurs adversaires. Une série de poterie nous narre les douze travaux d’Héraclès avant que se dresse une sculpture en terre cuite de Michel Anguier, mettant en valeur les corps athlétiques d’Hercule et d’Atlas qui supportent le globe terrestre dans un corps à corps mouvementé. Puis apparaît Icare, gisant sur le sol après sa légendaire chute. Dernier chef d’œuvre notable : le Pandémonium, de John Martin, immense huile sur toile dépeignant le palais de Satan décrit dans Le Paradis perdu de Milton. Terrifiant !

… Jusqu’au mythe d’aujourd’hui

Nul doute que la pièce maîtresse de cette exposition demeure le véritable casque de Dark Vador. Les visiteurs le contemplent longuement après avoir découvert sa fabrication avec une courte vidéo enregistrée lors du tournage du film Star Wars.
Mythe contemporain, Dark Vador s’est finalement inscrit dans un univers où le jour et la nuit, symbolisés par le bien et le mal, s’affrontent dans une épopée interstellaire qui a su marquer de nombreuses générations. C’est en ce sens que ce fameux personnage trouve toute sa place aux côtés d’autres dieux de la mythologie, dans cette exposition qui, in fine, tend à décrypter la transcendance d’un mythe, omniprésent dans « l’imaginaire collectif » pour reprendre les termes de Carl Jung. Et elle arrive très bien à expliquer, à un public jeune ou moins jeune, l’importance de ces histoires fondatrices et le rôle qu’elles continuent de jouer dans notre culture contemporaine.
Très courte, cette exposition permet néanmoins de continuer une visite dans la collection permanente du musée afin de déambuler davantage au milieu des statues grecques, en sachant que, quelque part, toute cette mythologie a un jour inspiré le réalisateur George Lucas.

 Photos : Laszlo Gelabert

 

Informations pratiques

Du 17 octobre 2015 au 4 juillet 2016
Petite Galerie, aile Richelieu
Horaires : Tous les jours de 9 h à 18 h, sauf le mardi.
Nocturnes, mercredi et vendredi jusqu’à 21 h 45.
Tarifs : Billet unique (collections permanentes et expositions) : 15 € (GRATUIT POUR LES 18 À 25 ANS + AUTRES CAS PRÉCISÉS SUR LE SITE DU LOUVRE)
Renseignements : 01 40 20 53 17

Laszlo Gelabert

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