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Rugby : McCaw et Carter, deux stars et une marée noire

Samedi 31 octobre, les All Black néozélandais ont remporté la coupe du monde de rugby. L’occasion pour nous de revenir sur les deux stars de l’équipe, McCaw et Carter.

« Richie is the best All Black we have ever had and Dan is a close second », déclarait Steve Hansen, entraîneur de l’équipe néo-zélandaise de rugby à nos confrères du Telegraph après sa victoire en finale de la coupe du monde ce samedi 31 octobre. La phrase se passe sans doute de traduction, mais un retour sur l’événement est naturellement nécessaire. Les rugbymen néo-Zélandais, mieux connus sous le nom de « All Blacks », ont donc conservé leur titre en battant les Australiens sur le score de 34 à 17 en Angleterre. S’il faut bien sûr souligner une équipe parfaitement soudée dont les passes nous régalent, intéressons-nous pour aujourd’hui à deux joueurs, Daniel Carter et Richard McCaw, (h)aka Dan et Richie. Retour donc sur le parcours croisé de deux légendes noires.

Deux leaders incontestables.

S’il vaut la peine de mettre en comparaison ces deux joueurs, c’est d’abord parce qu’ils sont à l’origine de la dynamique néo-zélandaise. Richie McCaw est le capitaine incontesté de cette équipe, et ce depuis 111 matchs, un record. Il tient fièrement son rang au sommet de la formation triangulaire lors du haka, la chorégraphie guerrière maorie pour impressionner l’adversaire à chaque début de match.
Dan Carter, quant à lui, même s’il n’a jamais été capitaine, dicte le jeu. Son poste de demi d’ouverture (pour les non-connaisseurs, retenez simplement qu’il est globalement moins massif que les autres et agile au pied) l’amène souvent à se placer derrière et, avec le recul, d’indiquer à ses coéquipiers les plus fournis les possibles passages dans la ligne adverse. S’il n’apparaît pas forcément sur votre écran de télévision, sachez simplement que les ordres en anglais que vous entendez à l’arrière viennent souvent de lui. Son importance est là encore unanimement reconnue, on notera par exemple qu’il tient lui aussi la coupe sur le podium comme s’il était aussi capitaine.

Un ours et un oiseau.

C’est là que la partie plus technique de ce billet commence. Naturellement, nous ne sommes pas forcément tous Toulonnais ou Montpelliérains, ni fins connaisseurs de rugby. Ce qui fait la force du duo, ce sont d’abord leurs postes dans l’équipe, totalement opposés et complémentaires, puisque McCaw et Carter sont respectivement troisième ligne aile, et demi d’ouverture. Pour faire plus simple, Richie McCaw, c’est un peu le cliché du fils de fermiers qui s’entraîne depuis tout jeune à plaquer des moutons dans les vertes prairies néo-zélandaises. Le troisième ligne est lourd (ici 106 kg) et donne toutes ses forces dans la mêlée et déblaye au sol. On reproche d’ailleurs souvent à McCaw d’être à la limite du hors-jeu, c’est-à-dire devant son camarade porteur du ballon. Cette capacité à flirter avec les règles est aussi à l’origine de sa renommée. En bref, il ne vaut mieux pas se trouver sur son passage quand il charge.
Dan Carter est à l’exact opposé de cela. Vous le trouverez sans doute plus filiforme, il n’en pèse pas moins 96kg, mais c’est avant tout son pied qui fait des merveilles. Rappelez-vous, le « petit » qui tire entre les poteaux, c’est lui, ce qui lui permet de comptabiliser pas moins de 1598 points inscrits dans sa carrière, là encore un record. Son pied gauche fait des merveilles, en témoigne le drop décisif inscrit lors de cette finale, comprenez le coup de pied pour envoyer le ballon entre les poteaux alors même que le moment n’était pas réservé. La rivalité entre les deux Blacks a donc toujours été évitée du fait de leurs postes.

Une longévité remarquable.

À respectivement 34 et 33 ans, on ne peut que saluer la carrière de McCaw et Carter. Les deux se connaissent par cœur et jouent depuis leur plus jeune âge ensemble dans l’équipe locale des Crusaders. Pour la parenthèse people, Richie était bien sûr présent lors du mariage de son coéquipier en 2010.
En résumé, après quinze années de très haut niveau, Carter et McCaw sont un peu devenus les « darons » du rugby mondial. Si le cadet continue sa carrière cette année au Racing Metro 92, un des deux grands clubs franciliens, on ne connaît pas encore la décision de l’aîné concernant son avenir, qui reste incertain après cette Coupe du monde. Peut-être pourra-t-on encore espérer quelques années d’un duo si prestigieux.

Crédit photo : Patrick Khachfe / Onside Images.

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