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European University Media for Solidarity

It sometimes comes back when it’s about protesting against a norm judged arbitrary or when it’s about thrashing those who take decisions, that are considered as technocrates completely disconnected from the reality. A call must be made : the one to regain control of the European Union, to regain control of ourself. Today, our failure in management is about the entire Europe, by the consequences and the transformations it creates. But, is also and particularly concerns the life and future of entire populations in profound distress. Just that.

Cet article s’inscrit dans le cadre d’une démarche menée par plusieurs étudiants journalistes à travers l’Europe durant toute cette semaine. Ce projet part d’un constat simple : la crise des réfugiés que connaît actuellement l’Europe a dévoilé les dissensions fortes qui règnent au sein de l’Union européenne.

Certains sont prompts à pointer du doigt la politique sécuritaire, pour ne pas dire réactionnaire, de la Hongrie ou d’autres pays. Des pays qui ne sont, le plus souvent, pas dans la capacité de gérer un tel afflux de personnes et pour cause : ils n’ont bénéficié de quasiment aucune aide financière ou matérielle de la part des autres pays européens pendant longtemps.

On notera l’impressionnante volte-face allemand, avec une Angela Merkel d’abord indifférente à en faire pleurer une jeune fille Palestinienne, prenant, deux mois plus tard, la tête d’une organisation des États pour accueillir les réfugiés. Le rôle de l’opinion publique allemande y est pour beaucoup, aux vues des manifestations très énergiques contre la position initiale du gouvernement allemand. N’en déplaise aux amateurs du german-bashing, l’attitude de la France est tout aussi irresponsable.

Le cas de la ville de Calais suffit à la résumer : des pouvoirs publics absents ou dépassés, un désengagement de l’État, une population qui oscille entre peur et colère… Bien évidemment, l’extrême droite ne s’est pas faite attendre pour exploiter allègrement ces peurs et ces colères. Prévisible.

Cette subite prise de conscience humaniste des pays européens et les récupérations xénophobes qui en ont découlé nous feraient presque oublier que la grande majorité des réfugiés ne souhaite pas rester en France. Certains utilisent cet argument pour contrer la rhétorique de l’extrême droite, d’autres pour critiquer la politique du gouvernement, jugé incapable de résorber le chômage. En effet, la France et son économie morose n’offriraient pas de réelles opportunités aux migrants. Mais l’emploi est-il vraiment leur première préoccupation ? Ou inscrire la question de l’emploi dans l’espace médiatique est-il seulement un moyen de faire ressentir aux réfugiés qu’ils ne sont pas — et ne seront jamais — les bienvenus en France ?

Pendant des mois, les pays européens ont fait la politique de l’autruche, gérant à l’échelle nationale ce problème. Il semblerait que l’Union européenne appréhende tellement de se confronter à ses problèmes, qu’elle attend de se retrouver au pied du mur pour prendre des décisions. Après ce déni de réalité atterrant, est alors venue l’idée d’un plan européen pour l’accueil des réfugiés. Les décisions des pays membres sont d’ailleurs souvent contradictoires : oubliée l’idée d’un bloc européen, des États-Unis d’Europe. L’UE aujourd’hui c’est l’Europe des Nations, et la nation avant l’Europe. Le plan met en évidence ce problème : sur 28 pays 3 d’entre eux ont refusé de se plier au quotas adoptés par la réunion des chef d’Etat européen.

Cette crise des migrants met encore une fois en échec la construction européenne. Comme un coureur du dimanche, l’Union européenne est partie vite, trop vite, et elle est aujourd’hui à bout de souffle. L’organisation est paralysée par sa propre structure où chacun peut mettre son veto et où la majorité n’a aucun poids. La population se sens exclue des décisions, et l’Union Européenne est devenue un appareil purement bureaucratique et non pas l’état fédéraliste imaginé par certains de ses fondateurs.

On dénonce souvent la volonté de nos voisins D’Outre-Manche de quitter l’Union, les taxant au passage d’égoïsme. Mais au Royaume-Uni, l’Union européenne a au moins le mérite d’être un sujet de discussion politique, un sujet où se côtoient certes entre autres, relents identitaires et nationalisme, mais un sujet tout de même. En France, la question de l’Union européenne a depuis longtemps quitté le débat public.

Elle y revient parfois lorsqu’il s’agit de protester contre une norme européenne jugée arbitraire ou lorsqu’il s’agit de fustiger ceux qui y prennent des décisions, qui sont considérés comme des technocrates complètement déconnectés de la réalité. Un appel doit donc être lancé : celui de reprendre en main l’Union européenne, de nous reprendre en main. Aujourd’hui, notre échec dans la gestion de cette crise concerne l’Europe tout entière, par les conséquences et les transformations qu’il engendre. Mais il concerne aussi et surtout, la vie et l’avenir de populations entières en profonde détresse. Rien que ça.

Cet article a été publié dans le cadre de l’European University Media for Solidarity, un projet destiné à promouvoir la solidarité et la coopération entre les pays, les fois, et les peuples en Europe. Ce projet comprend des articles d’Eva De Vecchis, Beatrice Fianco, Andrea Menichelli (université Roma Tre, Italie) Francesco Finucci (Université de Birmingham, Royaume-Uni), Etienne Meyer et Lorenzo Nicolao.

English translation

This article was written as part of a manoeuvre made by several student journalists across Europe during this week. This project comes from a simple analysis : the refugees crisis that Europe is currently knowing has revealed strong disagreements inside of the European Union.

Some are ready to point fingers at the securitarian policy, not to say reactionnary, of Hungary and other countries. Countries that aren’t, most of the time, able to handle such an influx of people because they almost didn’t benefit from financial or material help from other european countries for a long time.

We’ll note the impressive German about-turn, with Angela Merkel first indifferent at the point where she made a young Palestinian girl cry, taking, two months later, the head of a state organisation to welcome refugees. The role of the german public opinion is important, seeing the manifestations really energetic against the initial position of the government. Not to discontent amateurs of German-bashing, France’s attitude is as irresponsible.

The city of Calais’ case resumes it : public powers absents or overwhelmed, a withdrawal of the State, a population that is torn between fear and anger… Of course, the extreme right wing didn’t wait long before exploiting these fears and angers. Predicable.

This sudden humanist awakening of the European countries and the xenophobic distorsions that resulted from it would almost make us forget that most of the refugees don’t want to stay in France. Some people use this argument against the extreme right-wing’s rhetoric while others use it to criticize the government’s politics, judged unable to reduce unemployment. Indeed, France and its inactive economy would not offer actual opportunities to the refugees. But, is employment their first preoccupation ? Or is it just an excuse to make the refugees feel like they are not – and will never be – welcome in France ?

For several months, European countries have buried their heads in the sand taking care of this problem only on a national scale. It seems like the European Union is dreading so much to face these issues that it’s waiting to be backed into a corner in order to take actual decisions. After this dismaying denial of reality, the idea of a european plan to welcome the refugees finally emerged. The members’ decisions are often contradictory : you can forget the idea of a european block, of the United States of Europe. The EU today is more like Europe of the Nations, putting the nations before Europe itself. The plan highlights this issue : among 28 countries, three refused to apply the quotas decided during the heads of European states reunion.

This migrants’ crisis shows once again the failure of the European Constitution. Like a Sunday runner, the European Union went quickly, too quickly, and it has now lost its breath. The organisation is paralyzed by its own structure where everyone can put his veto and where the majority doesn’t stand for much. The population feels excluded from decisions, and the European Union has become purely bureaucratic and not the federalistic state imagined by some of its founders.

We often condemn our neighbors across the Channel calling them selfish because they may want to leave the Union. But in the United Kingdom, European Union actually is a political matter, a matter which borders on identity and nationalism, but still a matter. In France, the question of the European Union has long left the public debate.

It sometimes comes back when it’s about protesting against a norm judged arbitrary or when it’s about thrashing those who take decisions, that are considered as technocrates completely disconnected from the reality. A call must be made : the one to regain control of the European Union, to regain control of ourself. Today, our failure in management is about the entire Europe, by the consequences and the transformations it creates. But, is also and particularly concerns the life and future of entire populations in profound distress. Just that.

This article was published as part of « European University Media for Solidarity », an umbrella project established to promote solidarity and cooperation among countries, faiths and ethnic groups in Europe. The project includes articles from Eva De Vecchis, Beatrice Fianco, Andrea Menichelli (Roma Tre University, Italy) Francesco Finucci (University of Birmingham, United Kingdom), Etienne Meyer and Lorenzo Nicolao.

English translation / Traduction en anglais : Camille Bronchart et Pauline Thurier.

Photo : Pixabay 

Etienne Meyer-Vacherand

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