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Roger Federer : pourquoi on est triste

Lors de la finale Messieurs de l’US Open, le Serbe Novak Djokovic a remporté le titre en battant le Suisse Roger Federer sur le score de 6-4 5-7 6-4 6-4.

Si comme tout étudiant qui se respecte vous n’avez consciencieusement pas veillé tard cette nuit, vous avez alors manqué la finale Messieurs de l’US Open de tennis, à New York. Nous vous offrons un petit retour sur l’événement sportif de la nuit. Le Serbe Novak Djokovic remporte le titre en battant le Suisse Roger Federer, sur le score de 6-4 5-7 6-4 6-4. Force est de constater que le numéro 1 mondial a été trop solide pour permettre à Federer de concrétiser ses occasions, on note par exemple la statistique de seulement 4 balles de break converties sur les 23 jouées pour le numéro 2. Mais ceux qui sont restés devant leur écran jusqu’à l’aube ont peut-être été frappés par un autre sentiment : l’unanimité du public new-yorkais en faveur de Roger Federer. 22547 spectateurs qui applaudissent les fautes directes, même non provoquées (comprenez « les fautes bêtes ») de son adversaire, à la limite de l’irrespect, et qui certainement pleurent encore la défaite de leur champion aujourd’hui. Federer n’a plus gagné de titres du Grand Chelem depuis 2012. Alors, pourquoi tant d’amour et d’admiration derrière un seul joueur ? Pourquoi cette tristesse après une énième défaite en finale de Grand Chelem ?

Parce que c’est un génie du tennis. Les tweeners, vous connaissez ? Quand après une audacieuse montée au filet, le joueur se fait proprement lobber, ne peut pas smatcher, est obligé de courir à toute vitesse vers le fond du court et n’ayant pas le temps de se replacer, frappe la balle entre ses jambes. Si tout ce vocabulaire anglo-saxon ne vous est pas familier, on vous met la vidéo. Roger, les tweeners, c’est sa spécialité. Effet garanti sur le public.
Parce qu’il est francophone. Et mine de rien, quand on voit les difficultés de quelques uns de nos chers compatriotes à maîtriser la langue de Molière, on s’incline. Le charmant petit accent suisse allemand ne nous déplaît pas, et on écoute attentivement les interviews du « Maître » par Nelson Montfort sur France 2 alors que l’on baisse le volume devant le Québecois Garou idolâtrant ses nouveaux talents vocaux sur TF1.
Parce qu’il est Suisse. La Suisse, c’est un peu la France, mais en mieux. Un pays sans impôts, avec du travail et du chocolat. Quand les performances des sportifs français nous déçoivent et que les Suisses réussissent, on a toujours tendance à se rabattre sur nos chers voisins Helvètes comme si l’identité nationale se prolongeait subitement au-delà de Thonon-les-Bains. « De toute façon, ils payent tous leurs impôts en Suisse ! » rappelleront les plus grincheux des amateurs de tennis, mais cela nous ferait entrer ici dans un autre sujet autrement moins sportif.
Parce qu’il a le sang-froid. Bien sûr, on adorait les cassages de raquette du beau Russe Marat Safin, les scènes de l’Italien Fabio Fognini dignes de la commedia dell’arte. Mais pour Roger Federer, cet entêtement à ne rien montrer et à garder son calme nous épate, et ne fait que rajouter une couche d’élégance au personnage. Les supporters en revanche, dépités dès qu’une légère baisse de régime se profile dans un match, ne tiennent plus en place devant leur téléviseur.
Parce qu’il innove. À 34 ans, le Maître continue encore et toujours de faire évoluer son sport. On vous offre ici un peu de culture tennistique avec le tout nouveau « retour SABR », c’est-à-dire une balle adverse retournée au niveau de la ligne de service, en demi-volée, qui conduit généralement à la faute. Petite illustration encore une fois.

Parce qu’on l’a trop vu perdre. Vous pouvez maintenant l’avouer, vous n’avez jamais suivi le tennis en dehors de Roland Garros, et vous en êtes tenus à l’éternel « Nadal ou Federer ? » qui anime les conversations familiales durant la deuxième quinzaine de mai. Et personne n’a oublié les quelques défaites salées du Suisse contre l’Espagnol. Plus il perd, plus on l’aime. PS : Si vous trouvez un Français qui soutenait avec ferveur et sincérité Robin Söderling, son adversaire vaincu pendant la finale de 2009, je suis toujours partante pour le rencontrer.
Parce qu’il commence à se faire vieux. Et que l’on veut en profiter. On annonçait se retraite depuis 2012 et les JO de Londres, l’échéance semble repoussée au moins jusqu’à Rio, mais chacun sait que cela se terminera bien un jour. Pourtant, Roger Federer semble avoir de plus en plus le moral, et fait une magnifique saison, avec cinq titres et deux finales de Grand Chelem, à Wimbledon et la nuit dernière. Et si la déception de le voir échouer encore une fois en finale contre Novak Djokovic nous fait douter, on a toujours l’espoir de le voir soulever un nouveau trophée majeur, et d’entendre les « Come on ! » encore quelques saisons.

Photo : AFP/C.Brunskill

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