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Hissène Habré : Comment ce géant s'est-il écroulé ?

Enjeux et réalités du procès du tyran tchadien décryptée par notre correspondant en Côte d’Ivoire.

Adulé pendant huit ans de règne par les pouvoirs occidentaux, l’ancien homme fort de N’Djamena ne se retrouve plus dans le marigot politique africain. Tour d’horizon sur cet homme, 25 années plus tard.
De la chute jusqu’ à l’exil
Hissène Habré, il serait impérieux de retenir qu’il a été le président de la République du Tchad de 1982 à 1990. Le pouvoir d’Habré a été raccourci par le Chef de l’Etat Tchadien actuel Idriss Deby Itno, chef d’état-major d’alors. Après avoir été évincé du pouvoir, il a déposé ses valises au pays des lions de la Téranga, précisément au Sénégal. Dans son lieu d’exil doré, pourquoi l’ex pensionnaire du palais de N’Djamena est-il poursuivi ?
Les faits qui lui sont reprochés
Le collectif des avocats de la défense du Tchad lui reproche d’avoir commis des crimes durant l’exercice de son pouvoir, environ 4000 victimes directes et indirectes. C’est dans cette optique, qu’il est poursuivi pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et tortures. Face à toutes ces accusations, Hissène Habré pourra -t-il braver ces lourdes charges ?
La fin du suspens
En 2013, sous la pression des ONG des droits de l’homme, et notamment des occidentaux, Hissène Habré a été arrêté par l’Etat de son pays hôte. Toutefois cette arrestation n’a pas été aisée, car il aura fallu, un bras de fer entre l’Etat Sénégalais et les défenseurs des droits de l’homme pendant 25 ans. Donc, c’est depuis deux ans qu’il est incarcéré à la prison de Dakar.
Les réalités autour de la cour spéciale de l’Union africaine
Le tribunal spécial de l’Union africaine a été créé en vertu d’un accord avec le Sénégal. Il est dirigé par le Burkinabè Gberdao Gustave Kam. Ce tribunal est composé majoritairement des Sénégalais. Dès l’entame des procédures judiciaires contre l’ancien Président Tchadien, la justice sénégalaise avait déclaré son incompétence. Cependant comment celle-ci a pu se dédier plus tard ? Il faut retenir que c’est grâce à la Belgique, et plus généralement grâce aux occidentaux. Ils ont joué un rôle culminant dans la mise en place de cette cour et la tenue de ce procès. Par conséquent, que s’est-il passé ce lundi 20 juillet ?
Le procès d’Hissène Habré et sa psychologie ce 20 juillet 2015
C’est par la force que l’ancien Président Tchadien a été extrait de sa cellule de la prison de Dakar au lieu de son procès. Hissène Habré a contesté la cour spéciale avant la tenue de son procès. Il a déclaré ne pas reconnaître cette juridiction sur le plan de la légalité, selon l’un de ses avocats Me Ibrahima Diawara. Le présumé coupable la considère comme une parodie de justice. C’est pourquoi, le jour du procès il a dit : « A bas l’impérialisme, A bas le nouveau colonialisme » Pour l’heure, ses partisans peuvent jubiler temporairement car le procès a été reporté à une date ultérieure.
Analyse critique de cet événement
Selon Hissène Habré cette justice est un prolongement de la cours pénale internationale contestée pour sa position africaine. Cette justice africaine, même si elle s’avère occidentale, n’exclut pas l’organisation d’un procès. Dans ce cas de figure, il convient aux présumés coupables de justifier leur innocence car la preuve est un maillon essentiel de la justice. Quant à l’Union africaine, il ne faudrait pas attendre la pression avant de prendre une quelconque responsabilité. Ce défi ne pourra être relevé qu’avec le concours de tous les africains, en évitant le suivisme stérile sur la scène politique africaine. La polémique autour des organes juridictionnels dans le monde n’est pas interdite, mais il serait mieux d’œuvrer à la protection de la vie humaine.

Ibrahim Amadou

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