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Porto Rico, la Grèce des Caraïbes ?

Tandis qu’en Europe, la question de la crise grecque est sur toutes les lèvres, la situation n’est pas plus enviable chez nos voisins outre-atlantique.

Pendant que tous les regards sont tournés vers Alexis Tsipras et la perspective d’un possible revirement politico-économique européen, Porto-Rico chavire. La petite île des Caraïbes qui accumule à ce jour 72 milliards d’euros de dette, est au bord de la banqueroute, au point que dans les jours qui viennent, elle ne sera concrètement et constitutionnellement plus en mesure de rémunérer ses fonctionnaires. Dans une interview donnée au New York Times, Alejandro Garcia Padilla, le gouverneur de cet Etat associé aux Etats-Unis n’y va pas par quatre chemins : « Nous ne pouvons pas rembourser cette dette  (…) Ce n’est pas une question politique, c’est mathématique ».

Cette déclaration est de fait loin d’être surprenante. Depuis ces dernières décennies, la dette de Porto-Rico n’avait fait que se multiplier, emportant dans son sillage l’ensemble des promesses qui ont pu être faites à l’ensemble des investisseurs, essentiellement américains. Or, le cadre légal de la petite île l’empêche de déposer le bilan et Washington, de son côté, ne lui assure aucune garantie.

Si négociations il y a, ces dernières seraient donc susceptibles de durer des mois, voire des années. Le Gouverneur Portoricain, de son côté, milite pour une restructuration de la dette et appelle ses créanciers à « se partager les sacrifices ». Après des années de financements parfois obscurs, l’Etat promet des investissements plus ciblés, davantage susceptibles de rapporter sur le long terme. Pour permettre une restructuration économique d’une telle ampleur, Alejandro Garcia Padilla se porte ainsi garant des négociations à venir, et envisage de demander à ses créanciers l’allongement de la période de remboursement et le report de certaines échéances qui arrivent aujourd’hui à leur terme. « Nous devons faire en sorte que l’économie croisse », a-t-il expliqué dans son entretien au Times« Si nous n’y parvenons pas, nous entrerons dans un engrenage fatal ».

Tandis qu’une grande partie des médias se détourne du problème – voire même semble n’y prêter aucune attention- Washington, de son côté, fait grise mine, puisque 60% de la dette porto-ricaine appartiendrait à des particuliers américains et autres petits porteurs. Les problèmes financiers de l’île des Caraïbes, qui compte seulement 3,6 millions d’habitants, commencent donc déjà à se faire sentir sur le vaste marché des obligations municipales américaines. On est donc bien loin de l’expectative d’une crise localisée …

Lucille Simonin

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