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Un stagiaire en été #2 : Comme une fleur

Notre collaborateur en stage dans le journalisme dans sa deuxième semaine.

Le bouclage d’un journal relève du numéro d’équilibriste, d’une alchimie très fragile qui a ses mécaniques propres et qui échappe au néophyte. Quand vous êtes stagiaire vous êtes un peu l’éléphant dans le magasin de porcelaine. Le stagiaire qui débarque dans une rédaction doit s’adapter à son fonctionnement. Le plus souvent aucun journaliste n’a vraiment le temps pour vous expliquer le fonctionnement complet de la rédaction. Ma première semaine a donc été consacrée à retrouver mes marques avec les différents services, les logiciels… et à tenter de rendre mes papiers dans les délais sans qu’ils  ne nécessitent de corrections monumentales.

Ce qui est intéressant dans le journalisme c’est qu’il y a une hiérarchie pour tout ce qui est logistique et pratique ; mais lorsqu’un journaliste a un problème lié à une décision de publication, il le fait savoir. La réunion de rédaction du matin est donc un moment dans la journée qui peut être très agité. On commente le journal, le « canard », de la veille, on râle, on s’interroge sur les sujets à débattre. Bref je ne comprends toujours pas comment mais toujours est-il qu’en fin de journée le journal du lendemain est prêt à paraître.

Pour moi cette semaine passée ça a été le baccalauréat. Oui, quand vous êtes stagiaire, vous faites les marronniers, ces sujets qui reviennent chaque année ou chaque mois. Le problème du marronnier c’est de trouver un angle pour intéresser les lecteurs puisque c’est un sujet qu’ils connaissent. Trouver un angle original est difficile puisque pour ce type de sujet tout a été fait ou presque. Enfin j’ai donc fait le pied de grue devant les lycées pour interroger des élèves qui me vouvoyaient alors qu’il n’y a pas si longtemps j’étais à leur place. Les soldes d’été arrivent, que j’ai hâte ! Il faut reconnaître que le marronnier a un avantage : il est difficile de se planter, et quand vous êtes stagiaire ça peut être une grande angoisse. C’est donc un bon exercice d’écriture, sans risque et qui ne nécessite pas des connaissances pointues dans le domaine. Il ne faut pas se leurrer : y compris en presse régionale, les plaintes sont légions (oui, comme Anonymous). Je ne parle évidemment pas de courrier des lecteurs mais de plaintes devant la justice.

Ca me permet de faire le lien avec une autre de mes expériences de la semaine. On m’a envoyé au tribunal pour les faits divers. Pour moi qui n’avait jamais mis les pieds dans un tribunal, ça a été une première. (Bon si j’en crois le nombre plaintes déposées contre la presse, il vaut mieux s’y habituer tout de suite en tant que journaliste). Le fait divers c’est un peu la base du journalisme. A la fin du 19ème siècle des journaux emblématiques comme Le Petit Journal (oui c’était un titre papier avant d’être une émission de Canal+) en faisaient même leur une. Le problème c’est que parfois certaines affaires semblent tout droit sorties d’un film comique. Or le tribunal est un lieu où rire pendant une audience est quand même relativement mal vu. Par contre forcément quand vous êtes chargé des faits divers vous voyez aussi passer des affaires nettement moins légères voire carrément glauques. Il vaut mieux avoir l’estomac accroché parfois. Heureusement pour ma première au tribunal il ne s’agissait pas d’affaires de ce type. D’autant plus que le banc de la presse se trouve à deux mètres des prévenus. Pour être honnête on a quand même un sentiment particulier en voyant des gens ayant à peu près votre âge avec des casiers déjà plutôt chargés.

Etienne Meyer-Vacherand

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