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Jurassic World : dino au micro-onde

La série « Jurassic Park » revient avec un nouvel opus « Jurassic World ». La nostalgie joue son rôle mais le film n’est pas à la hauteur.

2015, c’est l’année des reboot et des suites en tous genres : les 4 Fantastiques, The Avengers : Age of Ultron, 007 Spectre, Star Wars VII, Le Transporteur, Ted 2… Et parmi eux Jurassic World.

Par où commencer. Jurassic Park est sans doute un des films qui a marqué votre enfance, que vous aimiez ou non les dinosaures. J’ai découvert le film sur le tard il y a quelques années mais j’ai pris beaucoup de plaisir à le voir. Ce premier opus a très bien vieilli et le film est captivant. Les deux suites tournées sont à chaque fois un peu plus mauvaises mais elles ont le mérite de perpétuer un univers et de chercher de nouvelles voies pour le développer. Puis arrive Jurassic World, présenté comme le quatrième opus de la série.

Le film est à l’image du parc, on reprend Jurassic Park, mais en plus grand, en plus moderne et avec plus de modifications génétiques. Le film sent le réchauffé, avec une progression et un déroulement scénaristique quasiment similaire à celui de l’épisode fondateur. Pourtant malgré cette tentative de coller au plus près du premier film Jurassic World reste plat du début à la fin. La réalisation essaie de tirer dans toutes les directions mais sans jamais pousser jusqu’au bout. Les personnages sont ultra-stéréotypés et manquent cruellement de profondeur, peut-être à l’exception d’Owen Grady, interprété par Chris Pratt. Ce vide ne provient pas tellement du jeu des acteurs mais plus des scènes d’exposition beaucoup trop courtes qui ne leur laissent pas le temps de s’exprimer. Sérieusement, personne ne se coiffe comme Bryce Dallas Howard, Claire Dearing dans le film, qui incarne LE stérérotype le plus grossier de l’executive woman. Elle détient sans doute la plus grosse performance du film puisque durant 1h30 de crapahutages divers le personnage ne se départira pas à un seul moment de sa paire de talons. Chapeau. Ironman en comparaison c’est de la pisse de chat. On peut peut-être y voir un message féministe défendant la femme forte pouvant affirmer sa féminité même dans le situations les plus difficiles. On ne m’ôtera pas l’idée qu’avec une bonne paire de Rangers ça aurait été plus facile.

Trêve de plaisanteries, les fils scénaristiques sont gros comme une maison et vous n’aurez aucun mal à deviner les différents rebondissements, surtout si vous avez vu Jurassic Park. Les images de synthèses, impressionnantes au demeurant, ne suffisent à combler le vide. La 3D n’éclate pas aux yeux même si elle reste agréable. La technique ne suffit pas à palier aux manques du scénario. Là encore le problème ne vient pas de la quantité mais de la durée. On se contente de nous donner des visions du parc par flash alors qu’on aimerait en voir plus, en prendre plein les yeux, visiter l’endroit comme si on y était. Même le nouveau dinosaure, l’Indominus Rex imaginé pour et dans le film ne suffit pas à faire oublier le Tyranosaurus Rex du premier film. Le rythme du film aussi manque de régularité. Entre les scènes d’exposition trop courtes, des dialogues sans aucun buts trop long, le dénouement intervient trop vite. Il n’est pas possible de développer plus sans rien révéler du film donc je m’arrêterai ici.

Ce qui sauve le film c’est le fan service très présent. Le thème musical bien connu ne tarde pas à retentir. On retrouve nos chers vélociraptors et bien d’autre clins d’oeil à Jurassic Park, dans tous les sens du terme. C’est sans doute la nostalgie qui fait qu’on ne ressort pas du film frustré. Mais elle ne parvient à tout sauver, et au prix de la place de cinéma je vous conseille d’attendre l’opération de la Fête du cinéma pour aller le voir. Malgré tout ça le film réalise le meilleur démarrage de l’histoire du cinéma, preuve peut-être de cette nostalgie du public plus que de la qualité de film?

PS : J’ai presque oublié de vous parler d’Omar Sy, mais cet oubli parle de lui-même.

Etienne Meyer-Vacherand

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