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Une crise comme les autres.

Il faut « repenser notre façon de faire de la politique ». Cette phrase-slogan, devenu un lieu commun renferme une vérité, une nécessité qu’on ne peut plus tranquillement balayer sous le tapis.

[Un Arnaud Montebourg, un Manuel Valls, une engueulade, un licenciement, un remaniement, et  voilà qu'on s'agace et qu'on polémique.] (Crédits photo : AFP/archives- Gérard Julien)

« Une crise de régime » l’expression a été prononcée. Peu importe par qui. Peu importe pourquoi. Cela appelle à la réflexion. Pas trop poussée, car une réflexion sur la Vème République fait toujours mal à la tête. Cette crise politique est-elle réellement une crise de régime ? Pas sûr. On peut noter la rapidité saisissante à laquelle l’exécutif est tout simplement passé à autre chose. On peut noter l’adhésion plus ou moins importante de l’opinion publique. On peut espérer à raison que notre bien-aimé ancien pensionnaire de Pierre Mendes France acquerra la confiance de sa majorité parlementaire malgré les frondeurs, malgré l’opposition, envers et contre tout.

Mais peut-être n’est-ce pas là qu’il faut regarder, mais plus en profondeur encore. Cette situation sera sans doute réglée; Hallelujah, nos institutions continueront à tourner dans l’optique de ce magnifique projet d’ouverture libérale. Mais tout cela au détriment du débat, et d’une véritable consultation du peuple, encore une fois. Cette Vème République par le jeu du Présidentialisme majoritaire, (merde, je l’ai dit) participe à la construction de majorités en théorie ultra cohérentes et claires, où le consensus est le mot d’ordre principal. Mais cette Vème République, c’est aussi la construction de grands partis idéologiquement de plus en plus disparates, dont nous devons constater l’actuelle explosion. Non pas la mort, mais de graves crises internes qui ont évidemment des conséquences sur la vie politique telle que nous la percevons.

Aujourd’hui, ce qui serait rassurant pour notre régime, c’est que le débat existe, que de ces guerres d’égo naisse une véritable réflexion, et que le gouvernement soit dans l’obligation d’éventuellement arrêter sa marche et de méditer (de manière très pacifique évidemment) avec une partie de la majorité parlementaire et même l’opposition sur l’orientation à prendre. Mais il n’en sera rien. L’absence d’un consensus fort entraîne l’inefficacité (évidemment) et l’exécutif choisi d’écarter une partie de son camp, en ignorant ses idées, celles pour lesquelles il a été en parti élu, au nom de la stabilité.

Enfin, bien entendu, le peuple n’est pas consulté. Il faut le dire, la constitution ne prévoit pas énormément de mécanismes fonctionnels dans cette optique. Alors nous sommes tenus à l’écart, encore une fois. Peu importe son ampleur, l’aveu d’échec du gouvernement (dont la majorité est de plus en plus flottante) devrait nous conduire à retourner aux urnes, au delà même de l’intérêt du très populaire occupant de l’Elysée. L’électeur, infantilisé par ces années de Caporalisme politique (pour reprendre les mots de mon moustachu préféré) doit reprendre ses droits, et ne pas accepter que la démocratie ne soit plus qu’un mot dépossédé de sa substance, un prétexte; Celui de l’accession au pouvoir d’hommes et de femmes obéissant tous à la même logique et ne pensant plus la France. Tâche difficile dans le régime actuel. Mais pas impossible.

Une VIème République ? Projet périlleux et ambitieux, qui n’a pas encore de forme, mais auquel il faudrait sérieusement penser. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut « repenser notre façon de faire de la politique ». Cette phrase-slogan, devenu un lieu commun (comme… Vous l’avez pensé) macérée et recrachée par (presque) l’ensemble de la classe politique, renferme une vérité, une nécessité qu’on ne peut plus tranquillement balayer sous le tapis.

Ne ratez pas le deuxième numéro des aventures du Petit Hollande : La rentrée.

Fabrice Goyi

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